le pilori

Et oui ! A peine installé, déjà parti.

Allez donc visiter la nouvelle adresse du Pilori : http://www.lepilori.net

Merci à tous ceux et toutes celles qu’y m’ont mis en lien de bien vouloir modifier mon lien sur leurs blogs…

LE DIRECTEUR

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Et je déteste ça !
Le nez qui coule comme une fontaine, et en même temps qui est bouché, la gorge qui grattouille, les yeux qui piquent, mal derrière la tête, de la fièvre, des frissons de partout, chaud et froid : la grippe quoi !

Vite ! Une bonne tasse de drogue au citron !

Me voici, enfin mon avatar dans le monde magique des Simpson.

here I am

Merci à Vinvin pour avoir parlé de ce site très jouissif à explorer.

Le Grand Palais consacre une exposition au Nouveau réalisme.
Mais on ne va quand même pas parler de ce qui est à voir avant de pouvoir en parler (Oui ben moi, j’me comprends).

Donc, les parisiens, les banlieusards, les provinciaux de passage, si vous avez une heure, une heure trente de libre… Arman, Mimmo Rotella et tous les autres vous attendent !

arman, le massacre des innocents Marilyn, Mimmo Rotella

Hier, lors de ma petite promenade du matin avec Thérèse, on l’a vu. Le Parisien. Il se tenait au pied d’un arbre, en face de l’école élémentaire. Il faisait frisquet dehors et on aurait dit une poule qui couve un oeuf. Il avait la tête rentré, il ne bougeait pas pour résister à l’humidité et au vent. Il s’est contenté de suivre Thérèse des yeux quand elle s’est approchée très près de lui en le reniflant. Un vrai clochard, un pauvre rat des villes, sale, gris et malade. J’ai dit : « Non ! » Et Thérèse, parfaitement éduquée, parfaitement maîtrisée telle la lame d’un sabre japonais aux mains d’un valeureux Samouraï, s’est immobilisée. Elle a tournée vers moi sa gueule remplit de sauvagerie, a pris la mesure de ma domination sur elle, a décidé de renoncer à la curée à laquelle elle était pourtant destinée.

J’ai regardé le pigeon parisien agonisant. Il m’a regardé un instant, puis il a baissé la tête à nouveau. Thérèse et moi avons poursuivi notre balade dans la ville. Mais j’ai plusieurs fois repensé au pigeon.

Nous sommes repassés devant l’école élémentaire avant de rentrer à la maison. Le pigeon de Paris n’avait pas bougé. Simplement il n’avait plus de tête. La lame d’un sabre était passée par là. Des plumes blanches, pareilles à celles d’un oreiller, étaient dispersées tout autour. Poussées par le vent humide, elles s’éloignaient inexorablement du cadavre. J’en ai même vu quelques unes s’envoler doucement.

Le Parisien (pigeon vole)

Ils sont arrivés l’un contre l’autre sur le quai du métro.

Lui, il serrait la fille au plus près, son bras musclé enroulé autour de son cou à elle. Elle, déséquilibrée par l’étreinte de son compagnon, pliait comme un roseau, et elle riait fort. Elle ne ménageait pas ses efforts pour que l’on remarque sa dentition parfaite. Oui, elle était magnifique. Métisse, longiligne, un brin aguicheuse dans son jeans moulant vaguement démodé, des petits yeux marrons vifs et brillants, des lèvres fines et pourtant divinement charnues, c’est à dire pas trop. Vrai, cette fille avait beaucoup de chien, même si elle semblait s’obstiner à vouloir croire qu’elle avait une classe de folie.

Non, le monde ne serait jamais à ses pieds. A ses pieds, il n’y avait que lui. Son black épais, cheveux crépus savamment organisés en tresses très fines qui couraient en rangs d’oignons vers l’arrière de son crâne. Paupières lourdes sur yeux globuleux et vitreux, la lèvre supérieure démesurément longue qui formait comme une casquette au-dessus de sa bouche et le faisait étrangement ressembler à Titeuf. Gourmette en argent. Les anneaux formaient de minuscules menottes reliées entre elles. J’imaginai qu’il s’agissait d’un cadeau de la fille. Ca ressemblait à l’idée que je me faisais d’elle en tout cas. C’est réducteur ? Je sais, je sais. C’est toujours un peu comme ça les croquis.

Ils se sont installées en face de moi dans le wagon du métro. Il a posé son bras, celui à la gourmette sur le dossier de la banquette, juste derrière la tête de la fille. Elle s’est appuyée dessus en roulant des yeux comme une actrice. Ensuite elle a parlé. Une voix joliment éraillée, un ton de garçon manqué très jolie, mais son vocabulaire de train de banlieue plaqué sur sa certitude d’être le Top de la Fille, ça donnait franchement envie de sortir un calibre pour lui demander, à elle et à Titeuf, de dégager de ma banquette. Titeuf, non plus, ça le branchait pas trop de discuter apparement, alors il a mangé la bouche de la fille pendant un bon moment, après quoi il m’a regardé avec sa paupière lourde, son oeil vitreux et sa bouche de titeuf, comme pour mieux me dire : « Elle te fais bander la cocotte, mais elle à Moi, c’est Ma chose U know. »

La fille a glissé son petit museau très joli dans le cou de Titeuf, elle a respiré son odeur et tripoté son Tee-shirt de Winneur entre son pouce et son index, puis elle a redressé la tête en minaudant :

– Quoi de neuf, aujourd’hui, Bébé ?

– Nasri reste à Marseille !

– C’est vrai, Bébé ? C’est bien.

– Oui. Il est pas assez mûr pour les grands clubs. A Marseille, il est le patron, le club joue pour lui. Il gère.

– Et en équipe de France ? Il est en équipe de France ?

– Il apprend. Il découvre. Il est fort.

– C’est super.

– Oui. Sa carrière décolle. Il faut avoir les nerfs solides, chérie. C’est ça le business !

– Tu l’as dit Bébé.

Mais comment est-ce possible ? Est-ce possible d’ailleurs ? Je le regarde bien attentivement, le type, et je fronce les sourcils avec la ferme intention de pousser ainsi mon cerveau (ce gens foutre) à rassembler un instant ce qui lui reste de neurones pour donner un sens, un nom, à ce que je vois de mes yeux.

La question est : comment ce type fait-il pour sortir de ses trous de nez des Mickeys pareils ?

La réponse de mon cerveau est : « Eh ! On dirait des travers de porc !?! »

Parfois, je me sens étrangement lourd, et seul aussi.

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