le pilori

Archive for the ‘Vivre autrement’ Category

Pas mal, non ?

Bombay Bomb d’Eric O Chet (Paris, le marais)

Un truc qui m’étonne toujours quand je me promène sur les blogs écolos, c’est de voir comment ils appliquent à la lettre le modèle qu’ils prétendent rejeter : ils sont (presque) tous HYPERCONSOMMATEURS !

Ils hyperconsomment le tout nouveau livre psy à la mode…

Ils hyperconsomment le tout nouveau complément alimentaire…

Ils hyperconsomment la toute nouvelle théorie sur l’éducation des enfants…

Ils hyperconsomment la toute nouvelle technique de médecine douce (merci merci !)…

Ils hyperconsomment la toute nouvelle boisson naturelle…

Et comme ils hyperconsomment tout ça en même temps, cela amplifie d’autant leur hyperconsommation !

La vie s’égrène, ou plutôt, elle fuit.
Goutte après goutte, elle s’échappe d’un robinet au joint douteux. Et aucun plombier, jamais, ne peut rien pour vous : trop de rendez-vous, pas le temps, débordé.

Une nuit, je me suis aperçu que la petite musique s’était interrompue. Plus aucune goutte ne s’échappait. Depuis quand ? J’ai souri en fixant machinalement mon image dans le miroir de la salle de bain. Mais c’était juste assourdissant ce silence tout à coup.

C’est à peu près à ce moment là que j’ai commencé à entendre mon coeur battre (frapper serait plus juste) dans ma poitrine. Je regrettais presque les gouttes de mon robinet. J’entendais ce fichu coeur de plus en plus souvent. Qui battait vite, de plus en plus vite, et de plus en plus fort, au point de m’empêcher de dormir à force de résonner à l’intérieur de mon fichu moi. Insupportable et angoissant.

Ce fameux matin, ma chérie m’a dit : « Ou bien tu passes l’aspirateur, où tu vas aux urgences ! » J’ai passé l’aspirateur consciencieusement, ne négligeant aucun recoin, débarrassant la poussière amoncelée, effaçant mes traces, puis sans rien dire, blanc comme un linge, sur un filet d’air qui me restait encore, je me suis traîné jusqu’aux urgences. Ils ont fait des radios, ils ont dit : « ça va aller » Puis ils ont dit : « Monsieur, je crois qu’on va vous gardez chez nous un petit peu. »

Ma tête, tout doucement est retombée sur le skaï froid de la table d’auscultation, j’ai fixé les néons blancs accrochés au plafond. Une larme a glissé, mécaniquement. J’ai pensé à la table de la morgue, j’ai cligné les yeux pour faire disparaître cette image. J’étais prêt. Je le savais. Depuis toujours je savais ce qui m’attendait. Je n’attendais même que cela : mourir vite.

Derrière les écrans de télé Florence Aubenas était prisonnière. Ca faisait bizarre. J’ai tenu le standard de Libé le soir pendant trois ans, je la connaissais. Pas très bien, mais elle m’était sympathique. Nous étions là, elle et moi, à nous regarder, elle assise auprès de ces tortionnaires, moi allongé, avec mes médecins omniscients qui me regardaient avec circonspection : SRAS, Sida, maladie mutante non identifiée ?

Ma mère n’est jamais venue me voir à Saint-Louis : « Tu comprends, Guy n’aime pas rouler dans Paris. Et puis c’est difficile de se garer »

Je remercie la maladie pour son aide précieuse. Sans elle, évidemment, je serais mort aujourd’hui. Mort de chagrin, d’effroi, de peur, de stagnation. Mort sans avoir compris. Comme l’autre (il se reconnaîtra).

Le Syndrome de Churg & Strauss est une maladie auto-immune qui touche une personne sur un million. Autant dire que j’ai de la chance. Elle peut vous tuer très rapidement, si vous en décidez ainsi, elle peut aussi se montrer gentille avec vous, si vous en décidez ainsi.

Aujourd’hui le robinet fuit à nouveau. A son petit rythme précieux. Je le regarde faire avec quiétude. Ma vie est différente, j’ai changé beaucoup de choses : tout. J’ai même accepter d’apprendre, pour une fois. Je ne compte plus les gouttes, simplement avec elles je vais et… Et je… goûte ?

Ben, pourquoi je parle de ça aujourd’hui, moi ? Je sais. L’aspirateur : il faut que je passe l’aspirateur. Il y a un bordel ici.

 

P.S. : A ceux que cela intéresse, les maladie auto-immunes sont dues à une hyper sensibilité du système immunitaire. Autrement dit, votre corps considère certaines de vos cellules comme étrangères à lui-même et il tente, avec beaucoup de persévérance et d’efficacité, de les tuer.

Oui, votre corps cherche à vous tuer…

Je viens de m’apercevoir que l’idée à laquelle je m’étais fait avec un certain ravissement depuis quelques jours « je suis écolo », « Bonjour, je suis écolo, et toi comment tu t’appelles ? »… « Ben, je suis écolo et je le vaux bien… » : cette histoire, ça colle pas.

D’abord, je ne connais aucun écolo qui soit rigolo.
J’entends par là, vraiment marrant, pas le genre de mec qui dit un truc gentillet avec au-dessus de sa phrase des gros guillemets qui flottent tout seul pour nous prévenir « ATTENTION RIGOLO ».

Etre rigolo, c’est d’abord déplaire…
Je revendique ce sacerdoce. C’est pas un métier facile. Exemples douteux (certains ont été dit -mais j’étais jeune-) :

Un malade d’Alzheimer : Eh ! Comment tu t’appelles déjà ? » (drôle)

Un handicapé psychomoteur : « Alors on danse ! (marrant)

En fauteuil roulant : « Ca roule ? » (fameux) ou bien : « Fainéant » (encore mieux)

Un enfant cancéreux en phase terminale qui gerbe en Radiologie à l’hôpital St-Louis, Paris 10e : « Tu me rappelles ce petit comédien américain… E.T. ! » (définitif)

A soi-même, à l’hôpital (à la place du mort) : « Hmm, ça sent bon le sapin ! » (fleuri)

Non, un écolo n’est pas drôle, et souvent il dessine très mal aussi.
Tout ça, c’est la faute à la gentillesse, ou plutôt à l’excès de bonnes intentions, à la certitude que l’homme est bon, que la violence est une vilaine habitude à combattre par le bon exemple. Du coup le « bon exemple » donne souvent des tons pastels, des motifs symboliques Neu-Neu, l’écolo écrit des poésies aussi. J’ai remarqué ça. Et pour les mêmes raisons citées plus haut, il n’a aucun talent.

La joie, la plénitude, le bien-être, n’aiguisent pas la fibre compétitrice de tout esprit comique.
D’ailleurs, si on écoute les chansons écrites par J. Lanzmann après son virage écologique, ça vole moins haut : « l’hôtesse de l’air » vole toujours au-dessus de « La maison au fond du jardin », tout le monde le sait. Le Lanzmann des nuits Chez Castel est plus marrant que celui de la petite maison avec jardinet privatif.

Mais… En même temps : je suis peut-être un véritable écolo en vérité.
Un écologiste adulte. On doit commencer à être nombreux, j’en suis certain. C’est à dire, non pas un écolo de patronage et de bons sentiments. « Tout le monde s’aime, mais oui, c’est beau la vie. Et quel est ton projet, l’ami ? » Mais un écolo rationnel, débarrassé de son folklore nauséabond (je dis ça parce que ces mecs en peaux de biquette m’ont toujours mis mal à l’aise, un peu comme ces cow-boys à la Candeloro qui se retrouvent le week-end dans des faux Ranch avec des faux Saloons pour écouter de la country merdique chantée par des fausses blondes à faux seins, avec des faux six coups en vrai plastique à la ceinture).

Alors cela veut dire que le parti écologiste, Les Verts, est bientôt D.C.D. Ce n’est pas une bonne nouvelle en soi, je suis même un peu triste, c’était plutôt rigolo leurs combats internes, les têtes de gondoles que personne ne connaît. Cela signifie que l’écologie n’est plus un programme en soi, mais une donnée incontournable pour tous les partis. Une nécessité pour tous et pour de vrai, au même titre que l’économie, l’éducation nationale, le football.

Finalement, il est pas drôle cet article !

(post scriptum : il y a forcément des écologistes rigolos et bourrés de talent quelque part… Dans les Alpilles peut-être)

Ecologiste compressé (oeuvre d’art)

Il y a des lieux dans lesquels tout semble réduit, gris, froid, lugubre et difficile ; mais comme un miracle, du noir du goudron émerge toujours ici ou là une pauvre tige verte filasse avec une petite fleur tout simple à son extrémité qui prend son bain de soleil.

Et on la regarde, émerveillé et respectueux de la force dont a su faire preuve la vie pour trouver son chemin.

JULIAN BEEVER peint à la craie sur les trottoirs. Et c’est un peu pareil.

Bon, j’aime pas trop relayer les opérations de lobbying. Il y a un effet GEEK écolo qui ne me plaît pas du tout.

Allez on clique, c’est rigolo. Personne ne lit les argumentaires, encore moins les contre argumentaires qui existent. Tout le monde s’en fout, tout le monde signe : on fait du chiffre, du chiffre, comme la police avec les chiffres de la délinquence. Et ça ne veut plus rien dire.

« Allez ! Ca ira pour cette fois que je vous y reprenne plus  » !


CYBER-PETITION

Recommandé par des Influenceurs

J’ai lu quelque part : mais où ? (trop de livres > trop de placards > trop de pièces > trop d’ordinateurs > trop d’informations : « Trop de » tue l’information !) que les peuples nomades étaient généralement très pacifiques (à part Napoléon qui était nomade aussi, mais plutôt envahissant).

Je me demande s’il n’y aurait pas dans la petite analyse personnelle présentée ci-dessous, un début d’explication rationnelle à l’état actuel de notre planète ?

Au départ, l’homme était nomade.
Par nécessité, il se déplaçait au rythme des troupeaux et au fil des saisons pour trouver les lieux les plus propices à sa survie. L’homme était économe. Il ne pouvait simplement pas se permettre de « s’encombrer » d’un superflu qu’il n’aurait pas pu transporter. De même, il était respectueux des territoires qu’il traversait. Peut-être par manque de temps pour tout saccager diront les mauvaises langues ! Allez savoir. La terre appartenait à tous, c’était un bien commun qu’il ne serait venu à l’idée de personne de confisquer. Du coup, l’homme se sentait partout chez lui. Il était libre.

L’homme, c’est la nature.
On remarque chez tous les peuples nomades un vénération absolue pour la nature qu’ils placent toujours au centre de leur vie, ou plus justement, au-dessus de leur vie. Le fait de se soumettre au lois de la nature (par obligation physique), ou plus sûrement par une acceptation très profonde de ses rythmes biologiques, le nomade a finalement peu d’emprises réelles sur sa vie. Il est dépendant de la nature qui s’impose à lui dans toutes ses décisions. C’est sans doute la raison pour laquelle les peuples nomades ont très peu évolué à travers le temps. Ils ont conservé les mêmes modes de vie, les mêmes rîtes, les mêmes façons de se vêtir, de manger. A croire que leur vie « en chemin » a suffit à donner « un sens » à la vie. Et s’ils sont encore là aujourd’hui, malgré tout, c’est parce que la nature est encore là, peut-être d’ailleurs qu’avec le temps, ils sont devenus la nature. Au même titre que les arbres, l’herbe, la pluie et le vent. (Mais là, je dérape vers la poésie doucereuse)

Les ennuis ont commencé quand l’homme s’est sédentarisé.
Vous allez voir, tout de suite ça fiche les jetons. Et si on ne vivait pas nous même cette vie là, sérieusement on n’en voudrait pas.

Dès qu’il est parvenu à domestiquer les troupeaux, l’homme s’est fixé. Il est entré en compétition avec ses congénères. Il a réquisitionné la terre à son propre « profit ». Son égo s’est trouvé renforcé ; il ne demandait qu’à enfler. Pour garder ce qu’il « possédait », il a installé des clôtures, chercher des querelles à qui se permettait d’entrer sur « ses terres ». Il a construit des maisons toujours plus grandes, toujours plus couteuses à édifier et à entrenir, l’obligeant à « acheter » toujours plus de terre pour gagner sa pitence. Il est devenu cultivateur.

Pour la première fois de son histoire, l’homme a imposé sa loi à la nature.
Il a décidé de ce qui pousserait ou pas sur sa terre, il a défriché, brûlé des forêts pour se faire sa place. Il a modifié profondément la nature, et par conséquent, il a changé le sens et la valeur particulière qu’il lui avait donné. Celle-ci n’était plus « supérieure », elle était, et est encore, un objet. L’homme a tracé des champs, des chemins, des villages, puis des villes.

Le sens de la vie ne tenait plus au chemin parcouru, mais à la perspective de croître sur place, de voir « grossir » son patrimoine.

Ca y est, on y est : bienvenue chez nous !
L’homme est ainsi passé de l’état d’homme LIBRE à celui d’homme avec des ATTACHES. Des racines comme on dit aujourd’hui. Il ne reste plus guère de nomades aujourd’hui. Remarquez qu’ils ont toujours été chassé, repoussé, mal vus, mal considérés, victimes de rumeurs et de racisme partout sur la planète. J’y vois la marque de la colère du terrien enraciné et jaloux de celui qui est demeuré libre…

Allez, cliquez sur cette photo floue si vous en avez le courage !

les nomades mongoles


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