le pilori

Il se trouve, cher maître, que nous avons une connaissance en commun. Aussi, comment ne pas penser à vous. A ce gâchis. La vue sur le périph depuis la porte de Montreuil est-elle si différente de celle d’une chambre de l’hôpital Européen Georges Pompidou, près de la porte de Versailles ? Comment échapper à son destin ? Que c’est con l’existence ! Deux balles dans le buffet, comme un vulgaire truand. Pas mieux. Vous voici donc ramené au cliché, si loin du boulevard Raspail, si loin du cabinet feutré d’un célèbre avocat. Ci loin de vous-même, si près de cette gueule de méchant au regard trouble qu’on croirait tout droit sorti d’un film noir des années 50.

Maître jarim Achoui.

Qu’allez-vous faire de cette vie qui s’ouvre à vous ? Vous avez eu la chance, comme moi, comme bien d’autres (on est pas seuls, merde) de mourir une fois, presque pour de bon, et de vivre encore un peu.

Alors ? Ca fait quoi ? C’est comment l’air qui emplit une fois encore ses poumons ? C’est comment la lumière, le visage de l’infirmière, les bruits du couloir, les rires des aides-soignantes le matin ?

Vous n’avez jamais été aussi libre. Croyez-moi. La mort, à tout moment peut revenir vous chercher, en scooter ou même à pieds. Comme tout le monde ici bas. La liberté à ceci de terrible, que cette fois vous savez. Vous savez que tout repose sur vous, que cela ne tient qu’à vous. Que cela n’a qu’un temps, de toute façon.

Alors bonne chance pour cette nouvelle journée, Cher Maître.

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Ce soir tu es sortie. Un anniversaire où je n’ai pas voulu aller avec toi. Comme chaque fois que tu t’éloignes, j’ai peur. Oui, voilà, c’est le mot, le mot terrible, stupide. J’ai peur, comme une vieille femme. Peur de ne plus jamais te revoir. A l’instant où nos yeux se séparent, immanquablement j’imagine que c’est peut-être la dernière fois que je les vois. J’envisage le pire. La mort. Ta mort. Le vide qui prend ta place dans notre lit le soir.

Après ; évidemment, quelques secondes après, je me raisonne. Non, tu ne vas pas mourir, c’est idiot. Peut-être. Forcément, tu vas revenir te glisser dans nos draps, et comme à chaque fois que tu t’éloignes, je ferais semblant de dormir. Comme à chaque fois, demain nous rirons ensemble. Et je ferais mon malin. C’est sûr.

Tu m’as envoyé un texto tout à l’heure sur mon portable, et moi, minuscule et seul derrière mon ordinateur, je te réponds ici, ceci : « Moi aussi ! »

Le mur est là, il est comme ça. Comme je l’ai voulu. Exactement.

Bibliothèque murale personnelle

Il y a, dedans mon mur, du bordel et des livres (pleins) que je n’ai pas encore lu. D’autres (quelques uns) que j’ai déjà lu. Il y a des rayons, exactement comme dans une librairie. Il y a d’abord le rayon Littérature américaine, Mon rayon ; le préféré – comme il y a le fils préféré. Dedans, bizarrement on trouve même quelques français qui écrivent un peu comme des ricains : JP Dubois, Djian, Ravalec, Annie Saumont (je sais, il y en a pleins qui doivent se gausser devant leurs ordis, je les laisse faire, moi je me comprends…). Il y a aussi le rayon Littérature Française, l’étagère Médecine douce, Développement Personnel, Psy, le rayon Informatique et aussi le coin Essais, Photos, Voyages, Architecture et Décoration, Histoire, le rayon Littérature Hispanique. Tout en bas, on trouve quelques livres pour enfants dans le rayon Enfants, notamment l’excellent Claude Ponti, et le non moins formidable Philippe Corentin. Je conserve aussi les livres que j’ai détesté et aussi ceux qu’on m’a offert et que je sais que je ne lirais jamais. Je les garde, oui. Je les aime aussi. Evidemment ce classement n’est qu’apparent, car mon mur, forcément, est toujours en bordel. Bientôt, promis, juré, j’y mettrais de l’ordre.

Sinon, sur mon mur, on trouve aussi des photos de mes enfants, de ma concubine, et même de Moi. Si. Il y a également un Buddha en bois, un authentique chapeau Cubain, des masque magnifiques provenant du Film Ridicule de Patrice Lecomte. Il y a encore quelques chèques pas encore encaissés, des clefs, un iPod, et aussi de la poussière.

Y a pas à dire, je l’aime mon mur…

Ce matin Louison était malade. Elle nous couve quelque chose avec ses 38,5°. Je me souviens que lorsque j’étais enfant, j’adorais être malade.

1- D’abord, quand j’étais malade je mangeais du jambon blanc et du riz (mon plat préféré d’alors).

2- Je restais en pyjama toute la journée et je faisais ce que je voulais, par exemple regarder la télé (à partir du moment ou la TV est venue habiter chez nous, évidemment).

3- Ma mère se montrait attentionnée.

4- En général, je n’étais pas si malade que ça ; j’aimais bien l’idée que je trompais mon monde.

5- Je dormais beaucoup, ce qui me permettait de rêver que j’étais quelqu’un d’autre. Ce qui finissait toujours en grosse déception lorsque je me réveillais (mais bon).

6- A quatre heures et demi, je regardais passer les enfants qui rentraient de l’école en me cachant derrière le rideau du salon. J’aimais les entendre rire et crier, chanter ou se disputer sans qu’ils ne puissent me voir. J’aimais aussi l’odeur particulière des rideaux.

7- Bémol ; le soir venu, je ne parvenais jamais à m’endormir…

Malade de quoi ?

Je pars en week-end ce soir. Franchement, je suis pas beau avec mon joli costume ?

Etoile volante…

Il pleut sur Paris ce matin. Il pleut fort. Ca fait du bruit, le ciel est noir : j’adore.

La pluie…

Devant le café le 20ème Art (Paris, 20ème). Fête de la musique avec les mouflettes. Tranquille. Comme des ieuves. Pas de pluie, tant pis.

Cables, et grattes.

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